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  • gars du nord
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  • je suis né dans le Pas-de-Calais en 1953 J'aime la folk music surtout américaine la musique celtique la langue de Shakespeare, le théâtre, je gratte un peu la guitare; je travaille dans un lieu de vie pour personnes plus âgées....
Samedi 23 avril 2011 6 23 /04 /Avr /2011 17:39

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C'est le printemps,il fait beau....il faisait moins beau en cette veille des Rameaux sur la Région, il faisait froid aussi... et le souffle glacial de la mort planait sur le village d'Ascq, cette nuit du 1er avril 1944.

Tout habitant de la métropole et même au delà connaît le sort funeste réservé aux quelques 86 âmes vivant ici, non loin de Lille, village devenu en1970, avec l'absorption des communes d'Annapes, de Flers , des terrains de betteraves ,des terres céréalières, une ville neuve, défigurée déjà par une autoroute, des immeubles sans âme, une vie nocturne inexistante, une ville où les associations loi de 1901 animent la cité en lieu et place des habitants.

On ne pouvait effacer l'horreur de cette nuit et oublier le martyr de cette bourgade si tranquille; quand Villeneuve sortit de terre comme un immense champignon sans goût, il y eut des voix qui s'élevèrent afin de ne pas réduire au silence, la voix des morts d'une tragique veille de la Fête des Rameaux; l'agrégat de béton Villeneuve porte depuis Ascq comme adjectif sanglant.

J'ai puisé dans Wikipédia un article qui me paraît exhaustif :

 

mars1944, Asq est un gros bourg de 3 500 habitants, situé à égale distance de Lille et de la frontière belge, bordé par la nationale 41 et traversé par la voie ferrée LilleTournai-Bruxelle---Tournai-Charleroi

.

Nous sommes en pleine Seconde Guerre mondiale et la population subit de plein fouet l'occupation allemande. La ligne de chemin de fer a été endommagée par deux explosions les 27 et 30 mars1944 et la police allemande est venue enquêter au village. Ces deux attentats de mars 1944, ainsi que divers autres antérieurs, avaient été ordonnés, dans le cadre de la mise au point du " plan Vert ", par Dominique Ponchardier chef de réseau.. Il est vraisemblable que les SSvenant de Russie avaient été amalgamés avec les jeunes allemands âgés de 17 et 18 ans à destination de la Normandie mais après le bombardement d’unités SS sur Abeville, on suppose que les troupes étaient ré affectées en appui d’une division parachutiste au Nord d’Abeville.

Outre des renforts conséquents d'artillerie et de la flack provenant de la zone de Dunkerque

, cette 6e division parachutiste allemande avait besoin d'un bataillon de reconnaissance confirmé.

Le

 

1er avril 1944 à 22 h 44, le train venant de Baisieux arrive aux abords de la gare d'Ascq. Le convoi est très important. Il se compose de la 1re compagnie d'automitrailleuses commandée par le sous-lieutenant Kudoke, de la 2e compagnie de chars de reconnaissance commandée par le lieutenant Obersturmführer Walter Hauck (25 ans), de la 3e compagnie d'infanterie sur chars légers de transport commandée par le sous-lieutenant Hauer et l'adjudant-chef Sturm, de l'état-majordu bataillonavec un groupe d'agents de liaisons, ordonnances, etc., sous les ordres du sergent Stun. Au total, il y a environ 400 hommes, et 60 blindés et véhicules.

Soudain à 22 h 45, le bruit sourd d'une explosion retentit, et la locomotive qui roulait à faible vitesse (environ 25 km/h) s'arrête à la hauteur de la cabine d'aiguillage. Quelques plateformes chargées de véhicules sortent des rails, et quelques autres explosions ont lieu. Le groupe de résistants local appartenant au réseau Voix du Nord vient d'organiser le troisième sabotage de la semaine.

Les dégâts sont vraiment minimes. Aucun homme n'est blessé. Une note d'archives d'Hauck énonce : un pneu d'automitrailleuse 8 roues endommagé, la boîte de vitesse d'une camionnette endommagée, une autre automitrailleuse projetée sur deux motocyclettes dont les essieux et jantes ont été faussés. L'incident est jugé peu important, étant donnée l'insignifiance des dégâts.

Ce n'est qu'une demi-heure plus tard qu'éclate une rafale de mitraillette en direction des habitations, suivie de coups de sifflets et d'ordres. Les SS se rassemblent près du passage à niveau, habillés en feldgrau ou avec l'uniforme noir des blindés avec des écussons à tête de mort.

 

Walter Hauck donne l'ordre de rassembler tous les hommes de 17 à 50 ans et de les conduire sur les lieux du sabotage. Il constitue quatre groupes sous les ordres d'un gradé responsable : l'adjudant Jura cherchera les terroristes, le sous-lieutenant Kudoke explorera la partie gauche du chemin de fer, le sous-lieutenant Hauer la droite, l'adjudant Wetzlmayer ira du passage à niveau au centre du village et le sergent Buss a pour ordre d'abattre tout civil qui s'approcherait du train.

Toutes les habitations sont fouillées et les portes d'entrée forcées. Les otages sont emmenés à la cabine d'aiguillage puis à l'arrière du train. Hauck clame trois fois " Sieg Heil ", repris en cœur par ses hommes. Suivent des rafales de mitraillettes, de coups de fusils et de revolvers, de cris des militaires allemands et de douleur, d'angoisse et d'agonie chez les otages. Hauck se précipite alors avec quelques hommes vers la gare. Des employés de la Reichsbahn du train déraillé s'éclipsent rapidement à leur vue. Le chef de gare Victor Carré et l'employé Élie Derache sont jetés à terre, frappés, puis les SS leur tirent dessus à la mitraillette avant de quitter le bâtiment. Derache, indemne de blessures, fait un garrot à son chef. Il téléphone ensuite à la permanence de Lille

 

 

, réclame le service de sécurité et des secours à l'Eisenbahndirektion de Lille. Un territorial de la Wehrmacht du Kommando 908 chargé de la police de voie alerte ses supérieurs.

Malgré les ordres de Hauck, le Kommando Kudoke qui commence à visiter les maisons n'emmène pas tous les hommes qu'il rencontre, et épargne notamment Arthur Rigaut et Albert Thélier, les habitants des deux premières maisons qu'il visite. À au moins deux reprises, il laisse à la place une note rédigée en allemand. Mais Kudoke recroise Hauck, qui lui donne l'ordre d'emporter tous les sujets masculins. En chemin, il croise aussi un adjudant-chef de la Feldgendarmerie qui lui déclare que les SS ne sont pas qualifiés pour sortir les hommes des maisons. Mais les soldats continuent leur travail. Certains promettent aux familles que leurs hommes reviendront bientôt à la maison.

Le Kommando Hauer cherche lui aussi tous les individus masculins afin d'en faire des otages. Il parcourt les rues Marceau (rue principale, aujourd'hui rue Gaston-Baratte), du Quennelet, du Maréchal-Foch et Masséna. Comme Kudoke, il ne trouve que des portes fermées et doit les enfoncer. Mais contrairement à son collègue, il ne trouve que femmes, enfants et vieillards. Les hommes jeunes se sont presque tous enfuis. Il donne donc l'ordre de tirer sur tous les fuyards. La brutalité du Kommando Hauer est terrible. Divers faits sont relatés. Ils frappent, battent et piétinent Mme Albert. Ils cassent portes et fenêtres. La femme d'Alexandre Bouchard est tirée par les cheveux et brutalisée, avant d'être jetée dehors avec ses jeunes enfants. Chez Mme Wauquier, rue du Maréchal-Foch, un SS empoigne une fillette de cinq ans et la jette violemment sur le sol.

Le Kommando Wetzlmayer arrive lui près de l'église, et exécute plusieurs hommes autour et dans le presbytère

Un premier groupe composé à la fois d'hommes et de femmes est rassemblé dans la cabine d'aiguillage du passage à niveau. Les otages sont emmenés en file indienne, les bras levés, à coups de crosse, le long de la voie. Les SS rient et sifflent pendant que leur officier roue de coups les otages, sans raison apparente. Monsieur Lautem, le garde-voie, est abattu de deux balles tirées à bout portant. Devant les filles et les épouses, les soldats abattent quelques hommes. Puis les femmes sont renvoyées. Les otages sont alors regroupés dans un wagon, et jetés un par un aux bourreaux. Il y aura quelques tentatives de résistance chez les civils, mais presque tous (une quinzaine) sont exécutés un par un. Il y aura quelques survivants, gravement blessés.

Devant le train est situé un terrain, avec au bout la " maison Roseau ", dernière maison de la rue Mangin appartenant à Marcel Roseau. Vers 0 h 15, quatre hommes sont dépêchés là-bas car les allemands suspectent des fuyards de s'être enfuis dans cette direction. Ils s'y embusquent afin de tuer tous les rescapés qui tenteraient de fuir vers la rue Mangin. L'idée est pertinente, et de nombreux fuyards sont abattus. Le propriétaire de la maison aura néanmoins la vie sauve. 

L'adjudant Jura a essayé de chercher les responsables de l'attentat en réquisitionnant des bicyclettes, mais n'y est pas parvenu. Il décide alors de se rendre au domicile du maire Delebart. Le maire est emmené à pied au lieu d'exécution, mais au moment de l'exécution retentissent des bruits de moteurs ainsi que des coups de sifflets. Le cauchemar est terminé.

Dès 23 h 15 le 1er avril, la gare de

décide ensuite de procéder à une exécution collective pour les prochains pelotons et fait aligner les hommes sur le champ voisin de la " maison Roseau ", face au train qui se trouve distant d'une cinquantaine de mètres. Les hommes sont peu à peu abattus par petits groupes.

 

Lille et la gendarmerie de Lannoy ont été averties du sabotage. À 23 h 30, Derache demande du secours. Cependant les sabotages sont fréquents, et la gendarmerie française qui n'aime pas se retrouver face aux Allemands n'est pas pressée d'intervenir. L'adjudant dépêché sur place à Ascq n'arrive au village qu'une heure après l'alerte, et ne dispose d'aucun moyen téléphonique pour informer ses supérieurs de la gravité de la situation. Pour rendre compte à son chef, il ne peut que se rendre personnellement à Roubaix

.

De leur côtés, les Allemands du Kommando 908 de la Wehrmacht stationnés à Ascq, et qui ne peuvent intervenir, avertissent leur supérieurs à Lille. Finalement, la Reichsbahn se rend compte de la situation, et la Feldgendarmerie est envoyée au village. C'est un détachement de cette Feldgendarmerie, commandé par le lieutenant Fricke, qui intime aux SS l'ordre d'arrêter. D'un air furieux, un officier crie aux victimes alignées prêtes à mourir " partez tous chez vous et tout de suite ". Il est 1 h 15, le 2 avril 1944. En tout, 86 civils auront été massacrés.

À 2 h du matin, tandis que certains Waffen-SS sont occupés à détrousser les cadavres, la queue du train militaire (environ 40 wagons) retourne en gare de Baisieux

avec Hauck à son bord, tandis que Jura restera avec les wagons

Les résistants d'Ascq sont arrêtés quelques semaines plus tard, jugés par un tribunal allemand et exécutés au fort de Seclin

le 7 juin 1944.

Le 2 août 1949 s'ouvre au palais de Justice de Lille le procès des SS de la division responsable du massacre d'Ascq. À part le chef du convoi, le lieutenant Hauck, les responsables de la tuerie sont absents et il n'y a que des subalternes. Il faut dire que la 12e SS a subi de lourdes pertes en Normandie quelques mois après le massacre d'Ascq

. Dans la nuit du 1er au 2 septembre 1944, alors que la compagnie repasse dans le Nord, un de ses camions culbute dans le Thon à Etreaupont, près de Chapelle-en-Thiérache. Ce camion rempli d'archives contenait tous les rapports des gradés responsables du massacre d'Ascq.

La loi Ascq-Oradour de septembre 1948 fait d'un membre quelconque de la division le responsable des exactions de ses compagnons. Le 6 août 1949, tous les inculpés à l'exception d'un seul sont condamnés à mort.

Les avocats de la défense font appel à la Cour de Cassation qui rejette le pourvoi le 3 juin 1950. Suite à divers rebondissements, notamment plusieurs révisions du procès et la présence d'un faux dans l'acte remis à la Cour suprême, le président

 

René Coty en possession d'une supplique de quelques veuves d'Ascq, transforme les peines en 10 années de travaux forcés. En 1956, huit des accusés sont libérés et rejoignent l'Allemagne. Walter Hauck, condamné à perpétuité, bénéficie d'une remise de peine, et quitte la prison de Loosen 1957 pour l'Allemagne.

 

 

 

 

                                     Louis Aragon a écrit quelques vers en 1954

:

"Or sur la chaussée de Lille


Soudain se sont tus les chants
Or sur la chaussée de Lille
Ascq a paru dans les champs
Compagnons vous souvient-il

Voici que vous rencontrez
Dès les premiers pas en France
Voici que vous rencontrez
Sur ses pierres de souffrance
Ascq assise au coeur des prés

Les bourreaux qui la marquèrent
Arrêtons-nous un moment
Les bourreaux qui la marquèrent
attendent leur jugement
Maudits soient les gens de guerre"

 

 

 

 

 

 

Par gars du nord
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